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De perles et de feu
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Extraits de textes du livre « De perles et de feu ».


« Six heures. La pluie, battante depuis deux jours, fait place à la bruine. En principe, le soleil est passé au-dessus de l’horizon, mais la nuit résiste, faisant traîner son ombre sur la campagne et le doute quant à l’issue de son duel avec l’astre du jour. En ce matin morose, sur la crête, le ciel rejoint la terre par endroits, accrochant çà et là des écharpes de nuages à la frondaison fraîchement garnie des grands arbres. Sur les limbes tout neufs, des perles d’eau se forment et se déforment ; certaines tardent à plonger dans le vide, d’autres se laissent emporter en masse vers leur destin, offrant au passage un apaisant concert à l’oreille réceptive. Mais ce matin je n’ai pas l’âme mélomane. Je suis venu pour le chat et depuis un moment déjà, ces gouttes me contrarient, me saoulent. Je m’impatiente. L’eau s’est infiltrée dans mes vêtements et insidieusement, la grisaille alentour a fini par s’inviter dans ma tête. Bon sang cette autre lisière que je surveille depuis le début du printemps est pourtant fréquentée par un sylvestre ! »

Extrait du chapitre « Des yeux de braise»


« Les minutes s’égrènent ; rêveries délicieuses, au gré des clapotis. De temps à autre, un héron bihoreau transperce le silence de son cri guttural. La fin de la nuit est proche. Le ciel prend des teintes colorées, rejetant impitoyablement les étoiles au banc des souvenirs. Montant de l’onde, la brume se dévoile, plus abondante que je ne l’imaginais. Quand l’eau s’échappe de l’eau, délicieuse dissidence… Soudain ça y est ! Hélios vient de passer par-dessus la berge et risque un premier rayon sur le miroir noir de l’étang. Aussitôt, la zone dans laquelle j’attendais patiemment s’embrase et avec elle, mes fibres passionnées, enfin comblées ! L’eau brûle, quel spectacle ! Je ne donnerais ma place pour rien au monde ! Devant mes yeux ravis, la danse des fumerolles a commencé. Répondant à l’appel des nuages et comme soufflées par des flammes invisibles, elles émergent de l’onde, s’étirent vers le ciel en somptueux rubans ondulants. Vers le levant, jusqu’à la berge lointaine, le décor est méconnaissable ; au diable l’obscurité, tout ce qui flotte s’est embrasé. Au loin, une foulque me fait l’immense plaisir de passer dans le faisceau lumineux ; un tableau comme j’en rêvais ! »

Extrait du chapitre « Feu de brume »



« Il n’y a pas si longtemps, je n’aurais jamais cru que je pourrais passer trois heures à côté d’un papillon immobile ! Pourtant depuis lors cela m’est arrivé et j’avoue y avoir trouvé du plaisir. Le découvrir au petit jour, accroché à une fleur, engourdi par le froid et couvert de rosée ; l’observer longuement, de très près, sans qu’il s’envole. Découvrir son univers grâce à la magie de l’objectif macro : ses yeux bizarres, ses antennes magiques, les mille et unes écailles colorées de ses ailes et même la toison abondante de son thorax. Puis sentir la chaleur du soleil qui va dépasser les arbres voisins et le voir aussitôt frémir, décoller ses antennes jusqu’ici soudées, puis se tourner imperceptiblement de manière à offrir son dos aux rayons du soleil qui vont arriver ; enfin, une fois que ceux-ci viennent le caresser, le voir ouvrir lentement ses ailes, avec une infinie douceur, puis de plus en plus vite, gagnant en énergie solaire, avant de s’envoler pour vivre sa courte vie d’adulte papillon, capteur de lumière »

Extrait du chapitre « Un autre monde »



« Octobre, le rouge. Rouge, comme les feuilles d’arbres se couvrant de leurs plus beaux atours, vite, avant d’être arrachées par le vent et précipitées vers le passé. Rouge, comme le sang des grands animaux de chasse, sacrifiés pour que se perpétue la forêt. Octobre, mois de contrastes. Tantôt indien s’accrochant à la douceur des souvenirs d’été, tantôt frisquet et déjà habillé d’hiver. Soufflant le chaud et le froid, il distille son incertitude, hésite entre le choix des armes. Octobre et les cœurs s’emballent ; tout nous ramène à l’essentiel. Comment rester insensible à ces contrastes, dans nos yeux, dans nos âmes ? Comment ne pas s’émerveiller de la forêt, belle à mourir, sans penser qu’une année de plus touche à sa fin, nous rapprochant lentement mais sûrement de la nôtre ? Jeune, on ne compte pas les octobres. Un peu moins jeune, on devient meilleur comptable. Vieux, on sait compter, mais il est souvent trop tard »

Extrait du chapitre « Les belles ambassadrices »

 

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